Equipe « Engagement, vie politique et médias »

Responsables : Christophe Gimbert, Christine Guionnet et Bleuwenn Lechaux

L’équipe 2 est constituée de chercheurs de plusieurs disciplines (science politique, sociologie, sciences de l’information et de la communication, histoire) s’intéressant à la sociologie des acteurs intervenant à des niveaux tant infrapolitiques (mobilisations sociales) que plus institutionnels (liens à la citoyenneté, étude de la vie politique et de ses acteurs privilégiés), ainsi qu’aux transformations de l’exercice du journalisme et ses marges (construction historique, identités et pratiques professionnelles, discours, socio-économie des médias).

Elle mène notamment une réflexion sur les engagements politiques de fractions invisibilisées de l’espace social (jeunes adultes, femmes, classes populaires, mais aussi, et a contrario, classes dirigeantes) et sur le recours à des formes non conventionnelles d’action politique (engagements informels, amateurs, peu publicisés, inscrits dans les pratiques professionnelles, et tentatives de faire de la politique « autrement » ou « ailleurs »).

L’équipe interroge également les processus de professionnalisation ou de déprofessionnalisation dans différents champs, notamment politiques et médiatiques. Enfin, la médiatisation et la construction des problèmes publics sont aussi au cœur des préoccupations de l’équipe qui ambitionne d’y consacrer ses questionnements pluridisciplinaires.

Sur ces différentes thématiques, l’équipe 2 est marquée par une dimension internationale forte, tant du point de vue des terrains investis que des collaborations scientifiques. Les travaux d’analyse comparée sont nombreux, qu’il s’agisse de comparaisons à l’échelle de pays infra-européens (France, Allemagne, Angleterre, Belgique, Italie), entre la France et des pays extra-européens, notamment américains (États-Unis, Canada, Argentine, Brésil, Cône sud américain), ou à l’échelle internationale infra-régionale (Bretagne-Québec-Pays de Galles). L’ancrage socio-historique de la vie politique est enfin prégnant et attractif dans notre équipe, puisqu’il permet d’accueillir régulièrement de nouveaux membres historiens, venant consolider la pluridisciplinarité et la dynamique internationale de l’équipe.

Ses travaux sont adossées à de nombreux programmes de recherche collectifs (européens, nationaux) sur des questions porteuses comme l’engagement des jeunes européens, les incidences biographiques de l’engagement de militant-e-s des années 68, les mobilisations en santé environnementale, ou encore le traitement médiatique de la diversité dans le sport à la télévision.

 

Les recherches de l’équipe s’inscrivent dans quatre pôles :

 Jeunesse et citoyenneté

Soucieux de toujours déconstruire la catégorie « jeunesse », les questionnements portent ici à la fois sur les formes d’intervention citoyenne des jeunes et sur les modalités d’intervention publique à leur égard. L’analyse de leur participation est déclinée de différentes manières : les pratiques d’engagement, les activités militantes, leur sentiment d’appartenance aux territoires, etc.

Sont également explorés les situations de vulnérabilité et les formes de discrimination ciblant les jeunes, l’exclusion de jeunes adultes éloignés de l’action publique, les injonctions et dispositifs publics mis en œuvre envers différents publics, notamment dans le cadre scolaire (personnalisation de l’enseignement au lycée, lutte contre le décrochage scolaire), ainsi que l’éducation et la formation professionnelle en situation coloniale.

Ces activités s’inscrivent en partie dans le cadre de la Chaire de recherche sur la jeunesse obtenue en 2012.

Engagements et mobilisations

Une seconde série de travaux porte sur les mobilisations et engagements politiques, possiblement inscrits dans les pratiques professionnelles/syndicales (au sein des mondes agricoles, artistiques, enseignants), et analysés à l’aune des mutations contemporaines du travail.  Les répertoires d’action et formes d’engagement explorés sont variés : résistance civile, radicalisation, usage des nouvelles technologies, etc. Autant de manières de « résister » dans les sociétés contemporaines qui, tout en puisant dans des modes d’action éprouvés, se réinventent.

De plus, à travers l’observation de l’ancrage spatialisé/topographique de l’engagement, ce pôle met au jour les différentes échelles darticulation des stratégies militantes. De façon complémentaire, plusieurs membres du groupe rendent compte de la dimension historique de telles mobilisations, en accordant une attention particulière aux transformations temporelles du militantisme sur les plans micro-, meso- et macro-sociologiques.

La dimension spatiale de l’engagement est quant à elle explorée à travers un séminaire intitulé « Engagement et (dé)territorialisation ». Les méthodes utilisées privilégient les immersions prolongées dans les milieux étudiés. Cette exigence apporte à l’ensemble de l’équipe une reconnaissance dans ces compétences d’étude ethnographique et historique des formes contemporaines d’engagement (ANR, financement ANSES, ADEME, bourses régionales de thèse, colloques soutenus par l’AFSP, participation aux réseaux ECPR, accueil d’un chercheur dans le cadre d’une Chaire Marie Curie/European Union).

Enfin, plusieurs des recherches inscrites dans ce pôle intègrent une dimension internationale/transnationale et comparée. De façon spécifique, le travail mené par plusieurs membres de l’équipe sur l’engagement politique au sein du continent américain trouve une continuité scientifique dans différentes institutions, à travers une insertion dans le GIS « Institut des Amériques » et une participation aux réflexions du pôle « Armorique, Amériques, Atlantique » de la MSH-B.

Vie(s) politique(s) et médiatique(s)

Une série de travaux est par ailleurs centrée sur les organisations médiatiques et politiques (les partis de droite tout comme les partis de la gauche radicale), ainsi que sur l’étude du personnel et des acteurs médiatiques et politiques (élus locaux, députés) dans leur ancrage socio-historique. Il s’agit à la fois de sonder la vie organisationnelle de ces groupes et d’explorer les vies de celles et ceux qui s’y investissent, i.e. de rendre compte de leurs trajectoires sociales et carrières professionnelles. Ces recherches visent par exemple à sonder la valeur respective des ressources détenues par les acteurs politiques (visibilité médiatique vs/ positions institutionnelles, qu’elles soient partisanes, étatiques ou territoriales). L’analyse des processus de production de l’information politique vient éclairer le rapport de force asymétrique et mouvant entre journalistes et représentants politiques, ainsi que les formes de médiatisation du politique dans ses aspects tant routiniers (pages Politique des quotidiens…) qu’événementiels (débats politiques télévisés…). Le laboratoire dispose d’une expertise reconnue sur la vie politique locale et nationale. Domaine classique de la science politique, ce champ d’analyse continue à fédérer les historiens et les politistes. Un autre domaine d’expertise reconnue du laboratoire concerne la profession journalistique et ses frontières, avec un attention particulière portée aux transformations des métiers du journalisme, aux trajectoires en marge et à l’accès au statut professionnel (travailleurs précaires, blogueurs…), aux entrées et sorties de carrière.

Journalismes et espace public

Ce pôle concentre une part importante des enseignants-chercheurs travaillant sur le thème du journalisme en France. Issus des sciences de l’information et de la communication, de la science politique et de la sociologie, ils lui confèrent sa dimension interdisciplinaire. Ses chercheurs sont implantés dans trois espaces académiques (Université de Rennes 1 – particulièrement les IUT de Lannion et de Rennes – Sciences-Po Rennes, UCO d’Angers) et plusieurs de ses membres résident et enseignent à l’étranger (Belgique, Brésil, Canada).

Ils portent une attention particulière aux transformations de l’exercice du journalisme et ses marges, qui peuvent être regroupés selon quatre directions : les processus de construction historique des groupes professionnels, des frontières du journalisme et des identités professionnelles ; la socio-économie des médias ; les processus de production et de représentation de l’information au prisme du genre ; les relations du journalisme avec d’autres espaces sociaux (politique, militant, économique…) et la médiatisation des problèmes publics.

S’inscrivant dans l’une et/ou l’autre de ces perspectives, ses membres ont notamment travaillé, ou travaillent, sur des objets d’étude variés : les producteurs précaires de l’information ; les typographes et journalistes secrétaires de rédaction ; les correspondants français à l’étranger ; les correspondants locaux de presse ;  le journalisme narratif ;  les effets du journalisme multisupports ; la presse régionale et le numérique ; les modèles d’affaire des médias ; la médiatisation du sport ; l’information transfrontalière ; les assignations genrées dans les médias ; la presse pornographique la participation des minorités ethniques à l’espace journalistique ; la politique à la télévision ;  ; les usages militants des médias ; le « journalisme citoyen » en ligne ; le discours sur l’éthique dans les rédactions en ligne ; les reporters de guerre ; ou encore, les rapports entre journalistes et informaticiens.

Le pôle se distingue par la variété des aires géographiques couvertes par ses travaux (Belgique, Brésil, Canada, Chine, France, Italie…). Ses projets traduisent par ailleurs la volonté d’inscrire le travail scientifique du pôle dans les contextes pédagogiques des enseignants (DUT Journalisme à Lannion, Master Journalisme Sciences-Po Rennes) et dans l’interaction avec les milieux socio-économiques.

 

Vie de l’équipe et participation à des chantiers transversaux

Outre ces domaines de spécialisation, l’équipe entend structurer une recherche collective en son sein en organisant chaque année une journée d’études interne. Celle-ci a pour objectif l’appropriation de plusieurs formes de travail collectif : des exposés réalisés par certains membres de l’équipe sur leurs dernières recherches ou travaux en cours, des séminaires organisés autour de notions clefs ou d’ouvrages mobilisant plusieurs d’entre nous, des rendez-vous scientifiques autour de questions méthodologiques (lectures collectives et discussions théoriques et méthodologiques).

Ces rencontres communes à l’ensemble des membres de l’équipe 2 poursuivent plusieurs objectifs indissociables : permettre une meilleure connaissance réciproque de nos travaux, déceler des problématiques et approches théoriques ou méthodologiques communes à partir desquelles nous organisons des événements scientifiques (à l’instar du colloque « Saisir l’engagement ‘improbable’ dans sa routine professionnelle » en octobre 2015) et, enfin, impulser la constitution de groupes de travail autour de projets de publications collectives. Parmi les thématiques susceptibles d’alimenter la prochaine journée d’étude de l’équipe, le thème « engagement et professionnalisation » est envisagé.

Enfin, l’équipe 2 s’implique très activement dans des chantiers transversaux de la recherche qui sont au cœur du projet quinquennal d’Arènes : « Politiques des âges de la vie » ; « Environnement, écologie politique, santé, développement durable », « Construction et médiatisation des problèmes publics » et « Rapports ordinaires au genre ». Notons à ce propos que nos questionnements sur le genre font écho à un travail collectif entamé de longue date au sein du laboratoire, d’abord dans le cadre d’un axe de l’équipe 2, puis en tant que séminaire transversal consacré au genre pendant plusieurs années. Le fait que cette thématique suscite l’intérêt de nombreux chercheurs dans toutes les équipes d’Arènes nous a conduits à décider de ne plus la rattacher institutionnellement à la seule équipe 2, mais à la constituer en un chantier transversal.

 

Quelques exemples de projet en cours :

– ANR Sombrero (2012-2016) : les incidences biographiques du militantisme des années 68. En savoir plus
Partispace – H2020 (2016-2020) : Espaces et styles de participation, modalités de participation formelle, non- formelle, informelle des jeunes dans les villes européennes.

Jeunes en TTTrans – PIA : Transversalité, Transitions, Transformations
REVERSEJ (2016-2017) : Réversibilité et irréversibilité dans les trajectoires de décohabitation des jeunes adultes

Airin : air intérieur, actions publiques et jeux d’acteurs

Colloque Saisir l’engagement « improbable » dans sa routine professionnelle

Radicalisations : Ecole thématique du CNRS

– Immigration Thematic Committee of the Population and Lifecourse Strategic Knowledge Cluster

– ANR RSJ MéDIS (Responsabilité Sociale des Journalistes, Médias, Diversité & Sport)

Les membres impliqués de l’équipe 2 gèrent une tâche au sein de ce projet financé par l’ANR, qui consiste à observer, sur le terrain, lors de la réalisation d’événements sportifs, des routines de production, des contraintes, des logiques managériales à l’oeuvre. Les terrains concernés par l’enquête se déroulent en France, en Espagne et en Italie. Ces observations sont complétées par des entretiens menés auprès des différents acteurs, allant des présentateurs aux preneurs de son, en passant par les monteurs.

Notre implication dans les réseaux :

Comités éditoriaux/de rédaction de :

– Mots. Les langages du politique

Migrations Société

Sur le journalisme : Depuis 2012, plusieurs membres de l’équipe sont impliqués dans la direction et le conseil scientifique de la revue internationale trilingue Sur le journalisme en collaboration avec d’autres chercheurs en poste dans des universités étrangères (Université Laval de Québec, Université libre de Bruxelles, Université de Brasilia).

Presses Universitaires de Rennes (collections Res Publica, Le Sens Social et Des Amériques)

Maison des Sciences de l’Homme de Bretagne (pôles « Gouvernance » ; « Mondes armoricains et atlantiques » ; « Arts et Création »)

GIS Institut des Amériques

GIS M@arsouin, plateforme d’étude des usages du numérique, au conseil scientifique de laquelle participent des membres du pôle. Le GIS M@rsouin soutient des projets de recherche sur les systèmes d’acteurs bretons et sur les politiques d’ouverture des données publiques en Bretagne.

GIS Journalisme qui regroupe les laboratoires de recherche de cursus de formations publiques au journalisme publiques et organise un colloque annuel : Elico (Sciences-Po Lyon et Lyon 2), Carism (IFP-Paris), GRIPIC (Celsa-Paris) et Arènes (Sciences-Po Rennes, Université de Rennes 1)

GIS Genre

Chaire Jeunesse

Réseau Thématique « Sociologie des médias » de l’AFS. Le RT « Sociologie des médias » vise à fournir un espace de dialogue à l’ensemble des chercheurs travaillant sur les médias dans une perspective sociologique, quelle que soit leur discipline d’exercice.

Groupe de projet « COMPOL – Une sociologie politique de la communication. Médiatisation, controverses et jeu politique » de l’ASFP. Le groupe COMPOL de l’Association française de science politique encourage la création de regroupements interinstitutionnels d’enseignants-chercheurs.

RT 15 (« Jeunesse, âges de la vie et générations ») de l’Association Française de Sociologie (AFS)

CR 28 (jeunesse) de l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française (AISLF)

Association Française de Science Politique (AFSP)

Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (ASES)

Observatoire des Transformations du Monde Arabe (OTMA)

Standing groups de l’European Consortium for Political Research (ECPR) : Participation and Mobilisation, Political Sociology, Gender and Politics et Environmental Politics

International Political Studies Association (IPSA)

Society for French Studies (Grande-Bretagne)

Les membres de l’équipe sont régulièrement associés à l’organisation et à la réflexion des Assises internationales du journalisme, à Tours, notamment pour les tables-rondes en présence de chercheurs.

Collaboration régulière avec l’Alliance internationale de journalistes pour sa collection de livrets « Journalisme responsable, regard sur l’éthique journalistique » ou « Chercheurs et journalistes », dont l’une des dernières publications a été dirigée par des chercheurs du pôle « Journalismes et espace public » dans le cadre du projet « Ethique et TIC »  : les_journalistes_dans_la_toile

Colloque MEJOR qui se déroule au Brésil ou au Québec tous les deux ans, en lien avec la Faculté de communication de l’Université de Brasília (UnB) et l’Université Laval de Québec. Les derniers furent consacrés aux Silences dans le journalisme (Florianópolis, 2016) et aux Impuissances du journalisme (Laval, 2017)

 


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