Mardi 3 avril 2018
CERI - Sciences Po Paris, 56 rue Jacob, Paris 6e - Salle des conférences

Regards croisés sur la prévention de la radicalisation violente

© Loïc Bertrand

© Loïc Bertrand

How to prevent violent radicalization ?

Journée d’étude le 3 avril 2018 au Ceri – Sciences Po Paris (56 rue Jacob, Paris 6e) dans la salle des conférences.

Cette journée d’études se situe dans le prolongement de l’école thématique « Processus et trajectoires de radicalisations » organisée en septembre 2016 par le CERI en collaboration avec l’InSHS (CNRS). Il s’agit de se centrer sur la problématique la moins travaillée durant ces journées : celle de la prévention de la radicalisation violente.

 

En réaction aux divers attentats perpétrés en France et ailleurs, cette exigence de prévention est au cœur du discours politique, destiné à rassurer les opinions et donc à prendre des mesures toujours plus sécuritaires :   état d’urgence et  Loi antiterroriste, etc. Autant de moyens renforçant l’arsenal législatif mis à disposition des acteurs de la sécurité intérieure, de la justice, du monde de la prévention…

 

Comment évaluer l’efficacité de ces dispositifs ? Ne peut-on s’interroger sur la mise en place de ces mesures en  utilisant les outils théoriques de la sociologie de l’engagement, des mobilisations ou de l’analyse des politiques publiques ? Comment les acteurs de terrain (dont parfois, les sociologues, les psychiatres…) se retrouvent-ils pris par des  injonctions à ‘dé radicaliser? Quels regards critiques poser sur ce terme « dé radicalisation » ?

 

L’expérience française, loin d’être isolée,  doit être replacée dans  une comparaison internationale.

Comment les dispositifs anti-radicalisation transforment-ils (ou non) les représentations et les pratiques de terrain ? Peut-on mettre au jour des grammaires de perception de la radicalisation violente propre à chaque Etat, à chaque culture organisationnelle (éducation, justice, intérieur…).

 

Cette journée d’étude se donne ainsi deux objectifs. Une analyse croisée de la pratique des acteurs pris dans cette injonction de la prévention dans un contexte de forte attente des dirigeants politiques et de l’opinion publique et une évaluation comparée des politiques publiques visant à développer les actions de prévention du passage à l’acte dans la violence des individus dits radicalisés.

Programme de la journée

9h30 -10h00

 Introduction : Sylvie Ollitrault (Arènes, UMR CNRS 6051) et Jacques Sémelin (CERI, UMR CNRS 7051), Retour d’expérience de l’Ecole thématique Radicalisations :

Matinée : « Prévenir ou réprimer la radicalisation » 10heures -12heures 30

Animateur : Sami Zegnani, MCF Rennes UMR CNRS 6051,  univ Rennes, EHESP, CNRS.

Xavier Crettiez, Professeur des Universités, Sciences Po Saint-Germain-en-Laye

Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ)
UMR Cesdip Comprendre le processus de radicalisation

Montassir Sakhi, doctorant-contractuel en Anthropologie, Paris 8 – LAVUE

Emergence d’un sous-champ étatique de la (dé)radicalisation : le cas des associations des familles de français militants du jihad

Wajdi Limam, doctorant en sociologie, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. UMR 7217 – CRESSPA Pratiques et savoirs professionnels des intervenants sociaux dans le cadre de la prévention de la radicalisation. »

Claire de Galembert, CNRS, UMR ISP, ENS Cachan « les aumôniers musulmans : un outil de lutte contre la radicalisation carcérale ? »

14h-17hoo

Quelles politiques publiques ? Regards internationaux

 Animateur : Jacques Sémelin, CERI, UMR CNRS 7051, Sciences Po Paris, CNRS.

Benjamin Ducol, Responsable de la recherche et de l’appui à l’innovation au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) et chercheur associé au Centre International de Criminologie Comparée (CICC) de l’Université de Montréal.

« De la mise à l’agenda à l’émergence des politiques publiques de prévention de la radicalisation menant à la violence : Perspective comparée et trajectoires nationales  »

Stijn Sieckelinck, researcher at the Institute for Societal Resilience at Vrije Universiteit Amsterdam, Re-radicalization as a Philosophy and Strategy against Extremism

Romain Seze, chargé de recherche contractuel à l’INHESJ et rattaché au GSRL (EPHE-CNRS).  La radicalisation vue par l’action publique : une fabrication française ? 

Anina Schwarzenbach, Max Planck Institute for Foreign and International Criminal Law / Max-Planck-Institut für ausländisches und internationales Strafrecht (Freiburg, Germany) Strategies to Counter Violent Islamist Extremism: A German Case Study ,

Gazibo Kadidiatou,

Enseignante-chercheure à l’Université de Tahoua (Niger), Chercheure invitée au CERI

La lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent au Niger.

17h30

Table-ronde finale autour du plan national de prévention de la radicalisation annoncé le 23 février par le Premier Ministre

Murielle Domenach, secrétaire générale du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (C.I.P.D.R.).

Véronique Gasté, Cheffe du bureau de la santé, de l’action sociale et de la sécurité à la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) du Ministère de l’éducation nationale.

Fethi Benslama, Professeur de psychopathologie clinique à l’Université Paris-Diderot Paris 7, directeur du Centre d’étude des radicalisations et de leurs traitements (CERT) de l’Université Paris Diderot.

Mohamed Barjrafil, Imam à la mosquée d’Ivry, secrétaire général du Conseil Théologique musulman de France, Docteur en linguistique.

Organisateurs : Arènes – Univ Rennes, EHESP, CNRS et CERI –Sciences Po  Paris, CNRS.

Réalisation : Yann Le Sager - Zen At Work/Studio Ricom