8-9 octobre 2015
Sciencespo Rennes, 104 bd de la Duchesse Anne, Rennes

Saisir l’engagement « improbable » dans sa routine professionnelle

SciencesPo Rennes, 104 bd de la Duchesse Anne – 35700 Rennes

Le 8 octobre 2015: salle du conseil

Le 9 ocotbre 2015 : Amphithéâtre Lanjuinais

 

Colloque organisé par :

Clémentine Comer, Bleuwenn Lechaux, Pierre Rouxel, Léa Sénégas

On dispose aujourd’hui de travaux combinant l’analyse des pratiques professionnelles et des pratiques d’engagement (Muel-Dreyfus, 1983 ; Willemez, 2003 ; Tissot, Gaubert, Lechien, 2006 ; Champy, Israël, 2009 ; Roussel, Lechaux, 2010, Lévêque, Ruellan, 2010, etc.) qui traversent des cloisons scientifiques et rendent moins étanches les questionnements de la sociologie des groupes professionnels et de la sociologie du militantisme. Ce colloque fait le pari que les entrecroisements entre ces pratiques gagnent à être étudiés plus avant, notamment lorsqu’ils sont pensés comme improbables – parce que non reflets d’une supposée « vocation » – et de ce fait peu attendus, ou encore, et concomitamment, lorsqu’ils demeurent peu visibles et inscrits dans des routines professionnelles.

Des engagements peu attendus. S’il existe une littérature abondante sur l’engagement de groupes situés au « milieu » de la hiérarchie socioprofessionnelle, qui cumulent davantage de capitaux culturels que de capitaux économiques et qui sont souvent en lien direct avec des publics (enseignants, journalistes, architectes, artistes, avocats, juges, médecins), on connaît en revanche moins les modalités d’engagement au sein des « professions » patronales et indépendantes. M. Offerlé (2012) signale la faible bibliographie portant sur les groupes sociaux dits dominants, tandis que F. Champy et L. Israël (2009) ont souligné la rareté des recherches portant sur les engagements des indépendants et des membres de « petits métiers ». Quelle que soit la position occupée au sein de l’espace social, il est fécond d’interroger les conditions de possibilité de l’engagement des individus au travail. Le parti-pris est d’embrasser un éventail étendu de situations socioprofessionnelles et de ne pas se cantonner à des mondes du travail en particulier.

Des résistances discrètes. Si les engagements de certains groupes professionnels ont été peu étudiés jusqu’ici, c’est aussi parce qu’ils sont plus difficiles à saisir. D’un côté parce que la défense des intérêts des groupes sociaux dominants ne nécessiterait que peu de publicisation pour être entendue. À cet égard, l’exemple du travail militant patronal et des « professions indépendantes » intéresse notre objet. Réputés peu contestataires, ces milieux mobilisent un répertoire d’action peu visible car pouvant davantage reposer sur le nombre et la scandalisation que sur l’expertise (Offerlé, 2012). De l’autre, parce que la conflictualité au travail se redéploie sous des formes hétérogènes et diffuses, elle déroge aux registres d’action canoniques, tels la grève et la manifestation, ou conduit à leur recomposition (Giraud, 2009).

Des engagements routiniers. Saisir le caractère discret d’engagements professionnels « improbables » a pour corollaire de penser ces derniers dans leur dimension routinière, ce qui implique de se départir – analytiquement et méthodologiquement – d’une analyse de l’engagement « sous l’angle de la conflictualité et de ne pas se restreindre aux mobilisations médiatiques » (Bory, Pochic, 2014, p.15). Une telle perspective amène à étudier une large gamme d’activités concrètes et quotidiennes au travail et en dehors, au-delà des seuls moments contestataires.

Ces premières considérations posées, il s’avère heuristique d’ouvrir une réflexion épistémologique et méthodologique sur les manières d’objectiver des formes d’engagements dont le caractère improbable et peu visible apparaît paradoxalement comme le point commun de l’engagement des « groupes dominants » et des « groupes subalternes » (Agrikoliansky, Collovald, 2014). Cinq pistes d’analyse, non mutuellement exclusives, pourront être envisagées au sein de propositions dont on appréciera particulièrement l’ancrage empirique dans des terrains à la fois français et internationaux

Programme colloque

Présentation

Réalisation : Yann Le Sager - Zen At Work/Studio Ricom